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HAUTBOIS DU
BAS-LANGUEDOC,
ou AUTBÒI
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C'est
l’instrument roi des fêtes populaires en Languedoc
oriental. Son aire de jeu traditionnelle va de la moitié est de
l’Hérault jusqu’à la petite Camargue, et au
nord jusqu’aux basses Cévennes. Comme beaucoup
d’instruments traditionnels, il a connu un déclin
marqué mais fut sauvegardé par la pratique
régulière des joutes languedociennes (voir
à la rubrique « La tradition sétoise »). De
nos jours, ce hautbois populaire a reconquis ses anciens territoires en
terre de bouvine où il intervient à nouveau pour les
courses camarguaises. Son jeu traditionnel utilise au maximum ses
possibilités d'expression lyrique, avec un vibrato très
caractéristique.
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BODEGA ou CRABA (prononcez: boudégo, cràbo)
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La
première appellation est plutôt audoise, la seconde, qui
signifie chèvre en occitan, plutôt tarnaise. L’aire
de jeu de cette cornemuse est à cheval sur quatre
départements, à savoir principalement le nord de
l’Aude, le sud du Tarn, débordant un peu sur
l’Hérault à l’est et la Haute Garonne
à l’ouest, soit une zone centrée sur le massif de
la Montagne Noire et le plateau du Sidobre. Il n’y avait plus de
joueurs depuis plusieurs décennies ; sa pratique de jeu a donc
connu une longue période d’interruption ; elle a pu revoir
le jour grâce à l’initiative de Charles Alexandre et
de luthiers comme Claude Romero de Toulouse ou Bruno Salenson de
Nîmes. La poche qui contient l’air est formée
d’une chèvre entière dont on a gardé
volontairement au moins trois pattes ; cette poche se nomme en occitan oire ou embaissa
(prononcez ouïré, émbàïsso). La longue
pièce cylindrique de l’arrière émet une note
continue, appelée bourdon, accordée sur la note dominante
de la mélodie, parfois sur la fondamentale. A son
extrémité se trouve une pièce de bois arrondie,
appelée bonda en occitan (prononcez : boundo), dont le
rôle est, justement, d'arrondir le son de la note grave continue.
Le jeu traditionnel était plutôt individuel, rarement
couplé avec un autre instrument. La craba ou bodega
était avant tout l'instrument de la classe sociale rurale des
non-propriétaires, celle des journaliers, bergers et valets
de ferme ; cet enfermement social correspond au côté
artisanal de sa facture. Cet instrument est, avec la zampogna du sud de l'Italie, la plus volumineuse des cornemuses.
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| MELODEON | |
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Instrument
entièrement diatonique (sans demi-tons), il fut très
populaire en Amérique du Nord, notamment chez les Acadiens, ou
cajuns (c’est à dire « acadien »
prononcé à l’anglaise). Il est donc très
employé dans la zone francophone du sud de la Louisiane,
où il a acquis un style très particulier, en association
avec le violon et la guitare folk (cordes en acier).
Au
Québec, il est très populaire également, souvent
accompagné par le piano. Grâce à sa
légèreté et sa maniabilité, des musiciens
virtuoses comme Philippe Bruneau ont développé au maximum
les possibilités de son jeu bi-sonore (ou
« tiré-poussé »). Notre
formation utilise cet instrument au son enjoué pour les
contredanses québécoises (voir à la rubrique
"Concerts, Balètis"), lesquelles ont quelques rythmes en commun
avec les répertoires irlandais et écossais (reels,
hornpipes...), mais très différents en esprit.
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TAMBOUR DE JOUTES,
ou TAMBORINET
(prononcez : tambourinét)
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Traditionnellement,
c’est l’inséparable compagnon du hautbois. Il est
plus petit que le tambour de clique ; sa sonorité est
adaptée à celle du hautbois ; il a donc lui aussi
été sauvé par la pratique musicale des joutes, qui
a maintenu le couple traditionnel. Son
jeu utilise bien sûr des techniques napoléoniennes (diane,
rigaudon…), mais avec une grande souplesse rythmique (frappe
parfois décalée sur la pulsation), notamment sur les
défilés de joutes (pas redoublés). A l'origine,
les peaux de frappe et de timbre étaient, respectivement, en
chevrette et en veau mort-né.
Daniel Tournebize joue ici sur un instrument de sa fabrication.
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CABRETA
(prononcez : cabréto)
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Contrairement à la bodega, la pratique de la cabrette n’a
jamais connu d’interruption. Son aire de jeu est centrée sur l’Aubrac, elle
englobe le Rouergue, le sud du Cantal et le Gévaudan, c’est à dire le nord de
la Lozère. L’émigration des Rouergats et des Auvergnats à Paris à la fin du
XIXème siècle et au début du XXème lui valut de connaître un âge d’or dans la
capitale, où on l’équipa d’un soufflet pour alimenter la poche (on retrouve ce
principe de cornemuse à soufflet dans la musette Béchonnet du centre France,
dans l’uilleann-pipe irlandais, ainsi que dans la musette de cour). A la gauche
du « pied » qui joue la mélodie, et parallèle à lui, un autre
pied fait office de bourdon (note continue jouant pendant la mélodie),
mais il est en général obturé. Cependant on peut rencontrer des exemples de jeu
de cabrette avec note continue. A la fin du XIXème siècle, dans les
arrière-salles des cafés parisiens, la cabrette faisait danser les natifs du
Massif Central mais aussi, par la suite, les parisiens eux-mêmes : ainsi
naquit le bal à la « musette ». Puis elle s’associa à l’accordéon,
introduit par les immigrés italiens. Mais l’association tourna court et
l’accordéon, diatonique d’abord, chromatique ensuite, continua en solo, au
grand dam des « cabretaires »,
ou joueurs de
« musette », nom qui qualifia pourtant le futur
style d’accordéon
authentiquement parisien qui connut le succès que l’on
sait. Cependant le
couple accordéon-cabrette gagna le Massif Central,
où il fut adopté malgré son origine parisienne.
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ACCORDEON DIATONIQUE
(fabrication : Bruno Priez)
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Il
serait en fait plus juste de parler d’accordéon
« bi-sonore » : c’est à dire
que chaque bouton, contrairement à l’accordéon
chromatique, peut émettre deux notes, selon que l’on tire
ou que l’on pousse. Le soufflet a donc un rôle majeur car
il produit un effet rythmique que l’accordéon chromatique
ne peut pas rendre.
L’appellation
d’accordéon « diatonique »
s’explique par le fait que les premiers instruments de ce type
n’avaient pas de demi-tons (comme le mélodéon,
accordéon vraiment diatonique, voir colonne de gauche). De nos
jours, beaucoup d’accordéons bi-sonores possèdent
un nombre variable de demi-tons, parfois une rangée
entière comme c’est le cas ici, rendant possible le jeu en
accords. Cependant, le principe bi-sonore a pour conséquence que
le confort de jeu mélodique privilégiera les
tonalités naturelles de l’instrument (accordéon en
sol-do, la-ré…).
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VIOLON (pour le bal québécois)
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